Photo Frédéric Soumier
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HIBERNACULUM
Clémence Seilles

Exposition du 7 décembre 2013 au 12 jan­vier 2014


Clémence Seilles est l’artiste invitée pour cette première édition du Noël de l’Art, par­cours d’art con­tem­po­rain dans le centre-ville d’Embrun. À cette occa­sion, elle a conçu un projet spé­ci­fique, inti­tulé Hibernaculum, qui se déploie dans quatre bou­tiques, fer­mées par­fois pen­dant cette période hiver­nale.

Le centre d’art con­tem­po­rain Les Capucins, en sor­tant ainsi de ses murs, et investis­sant l’espace de l’échange social - les rues du centre-ville - entend ini­tier de nou­velles ren­con­tres avec le public. Nul besoin de franchir ici une quel­conque porte, l’expo­si­tion Hibernaculum est vis­ible depuis la voie publique. Le spec­ta­teur peut ainsi décou­vrir, au hasard de ses déam­bu­la­tions, des oeu­vres tout spé­ciale­ment conçues et réal­isées pour l’occa­sion.

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À l’arrivée du froid, un cer­tain nombre d’ani­maux recherchent et amé­na­gent un hiber­nac­ulum, un ter­rier les pro­tégeant des mau­vaises con­di­tions cli­ma­tiques et ther­miques. Ils passent ainsi l’hiver endormis, économisant leur énergie jusqu’à l’arrivée du print­emps.

Clémence Seilles s’est intéressée à ce type d’abris dans un con­texte marqué par la saison­nalité. Embrun présente en effet des attraits bien dif­férents l’hiver qu’en l’été par exemple. Ses paysages, ses couleurs, son rythme de vie fluc­tuant au fil des mois, en mod­i­fient pro­gres­sive­ment la per­cep­tion. C’est très intu­itive­ment, avec un vocab­u­laire plas­tique coloré et lumineux, que l’artiste a créé un ensemble de pièces libre­ment inspirées de ces vari­a­tions physiques. Elle leur con­fère ainsi un fort poten­tiel fic­tionnel même si elles ne racon­tent pas à pro­pre­ment parler d’his­toires mais établissent plutôt les con­di­tions de leurs évocations. Ses instal­la­tions - des mises en sit­u­a­tion de matériaux, le plus sou­vent arti­fi­ciels - sont autant d’hypothèses de paysages réels ou imag­i­naires d’un monde en état de veille. L’énergie y est insuf­flée au ralenti, appelant à une con­tem­pla­tion reposante de ces mou­ve­ment lents et répéti­tifs. L’artiste donne forme à ces phénomènes d’entre-deux, en super­posant et entre­choquant les espaces de références : fonc­tion­nalité et abstrac­tion, roman­tisme et prag­ma­tisme, expres­sion­nisme et min­i­mal­isme…

Ses décors foi­son­nants sem­blent déborder du cadre de la représen­ta­tion. Cependant, ses formes restent archaïques et syn­thé­tiques. Elle garde l’essen­tiel. Elle tra­vaille vite. Pas de repentir, afin de retrouver la forme ini­tiale des choses pour mieux s’en abstraire. L’his­toire du début est main­tenant loin, les objets ont pris le pou­voir.

Solenn Morel