Photo Eric Tabuchi
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Réplique Instinct
Jagna Ciuchta, Matthieu Clainchard, Fabrice Croux

Exposition du 8 juillet au 30 août 2015


Réplique Instinct n’est pas une expo­si­tion thé­ma­ti­que. Bien sûr son titre évoque des inter­ro­ga­tions qui nour­ris­sent depuis des mois nombre de pro­jets et recher­ches consa­crés aux pra­ti­ques appro­pria­tio­nis­tes et plus pré­ci­sé­ment à la ques­tion de la repro­duc­tion. Pourtant son enjeu ne réside pas tant dans l’explo­ra­tion théo­ri­que de ce sujet aussi riche et per­ti­nent soit-il (à un moment où les modes de fabri­ca­tion et de cir­cu­la­tion des infor­ma­tions ont laissé place au doute et à l’incer­ti­tude quant à leur nature et à leur véra­cité), que dans la res­ti­tu­tion d’une expé­rience col­lec­tive entre trois artis­tes pro­po­sant des inter­ven­tions contex­tuel­les et inte­ra­gis­san­tes. A l’idée de copies ou de repri­ses se sub­sti­tue ainsi celle de contre-coup, à l’image de la secousse sur­ve­nant après le séisme. Réplique ins­tinct, ou l’ins­tinct de la répli­que, serait tout autant la condi­tion d’une dyna­mi­que réac­tive que l’épuisement même de ses formes sans cesse renou­ve­lées.

Passées ces pre­miè­res consi­dé­ra­tions, il me semble impor­tant de pré­ci­ser que Réplique Instinct s’ins­crit dans une démar­che plutôt joyeuse, loin de l’idée d’une appro­che concep­tuelle froide et soli­taire, que l’on se fait par­fois des pra­ti­ques citées ci-dessus, et qui ne l’était d’ailleurs pas tant dans ses fon­de­ments. Les artis­tes réunis ici aiment créer les condi­tions d’un tra­vail col­la­bo­ra­tif : Jagna Ciuchta invite régu­liè­re­ment des artis­tes dans le cadre de pro­jets au départ per­son­nels, Matthieu Clainchard et Fabrice Croux se sont inves­tis au sein de grou­pes d’artis­tes et/ou de com­mis­sai­res, Bad Beuys Entertainment [1], Le com­mis­sa­riat [2] pour le pre­mier ; OUI [3] , ainsi que dif­fé­ren­tes for­ma­tions musi­ca­les [4] pour le second. Cette dyna­mi­que col­lec­tive a priori anec­do­ti­que révèle cepen­dant un désir de par­tage et de dia­lo­gue symp­to­ma­ti­que de cet ins­tinct de la répli­que. Le pro­to­cole seul ici n’existe pas, il est néces­sai­re­ment adap­ta­ble et lié à des consi­dé­ra­tions à la fois maté­riel­les et per­son­nel­les. Ils font avec, comme on dit, seu­le­ment ce « déjà-là » n’est à aucun moment subi mais est au contraire moteur de leur démar­che. Un art de la ren­contre, de la secousse par­fois qui vient jusqu’à trou­bler la sacro sainte notion d’auteur comme en témoi­gnent les mul­ti­ples appro­pria­tions col­la­bo­ra­ti­ves de Jagna Ciuchta, les relec­tu­res du ready-made de Matthieu Clainchard, ou encore le per­son­nage fictif de dandy roman­ti­que, Capitaine Sentiment, de Fabrice Croux. Seulement il n’y a pas trom­pe­rie sur la mar­chan­dise, ils pra­ti­quent tous la trans­pa­rence sur l’ambi­va­lence de leur pra­ti­que.

Les col­la­bo­ra­teurs sont cités, les repri­ses men­tion­nées, les copies approxi­ma­ti­ve­ment exé­cu­tées. Le statut de pro­duits déri­vés ou de seconde main est d’ailleurs com­plè­te­ment assumé, et ce n’est pas sans humour que Jagna Ciuchta a inti­tulé l’année der­nière une de ses expo­si­tions Spin-off [5].

Dans ce cir­cuit paral­lèle d’exploi­ta­tion conti­nue des formes, dans cette méca­ni­que par­fai­te­ment huilée, Réplique Instinct intro­duit une dimen­sion sou­vent négli­gée, celle de l’impro­vi­sa­tion et de l’intui­tion, l’ins­tinct de vie où le gain est indis­so­cia­ble de la perte, le pro­grès de la dis­pa­ri­tion.

Solenn Morel

[1Fondé par Mourad Ben Sassi, Olivier Cazin, Matthieu Clainchard, Pascal François et Hugues Maréchal, « Bad Beuys Entertainment (1998 - 2007) est une pratique collaborative qui produit des objets et des occurrences propres à une vie en zone urbaine ou périurbaine et à ce qu’on nommera ici une culture périphérique. » (Keren Detton)

[2Structure curatoriale fondée en 2006 par Fayçal Baghriche, Matthieu Clainchard, Dorothée Dupuis et Vincent Ganivet. Elle fait maintenant partie de la fédération TREIZE à Paris et partage son lieu d’exposition et ses bureaux avec Red Shoes et Gallien Déjean.

[3Centre d’art géré par l’association AAA et basé à Grenoble entre 2007 et 2012.

[4Dont Capitaine Sentiment, représenté par le label Dick Head Man Records (dont Fabrice est un des co-diffuseurs), qui proposera le soir du vernissage un concert.

[5Spin-off, Septembre 2014, Glassbox, Paris. Avec la collaboration de Colombe Marcasiano, Nicolas Lafont, France Valliccioni, David Ancelin, Giuliana Zefferi, Sylvain Azam, Antonia Carrara, Marlena Kudlicka.


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REPLIQUE INSTINC PRESS RELEASE
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