Photo Eric Tabuchi
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Nouvelles de nulle part
Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize

Avec la participation de Marion Auburtin, Jennifer Caubet, Matthieu Cossé, Ferenc Gróf, Bayrol Jimenez et The Drawer

En col­la­bo­ra­tion avec le SMICTOM de l’Embrunais Savinois (Ressourcerie de Pralong)


Du 15 avril au 11 juin 2016

Alors que le nar­ra­teur du roman futu­riste de William Morris, Nouvelles de nulle part ou l’ère du repos, arpente une ville de Londres méconnais­sa­ble, il décou­vre Trafalgar Square, dépos­sé­dée de la sculp­ture de Nelson, arbo­rant en lieu et place un flo­ris­sant verger d’abri­co­tiers. L’auteur, l’un des plus impor­tants sou­tiens bri­tan­ni­ques de la Commune de Paris rend ainsi hom­mage, à tra­vers ce geste radi­cal, au fameux épisode de la démo­li­tion de la colonne Vendôme en 1871. Cette séquence révo­lu­tion­naire mais sur­tout son influence dans le domaine des arts, l’ima­gi­naire, pour repren­dre le terme de Kristin Ross [1], qu’elle va véhi­cu­ler en Europe à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, cons­ti­tue le sup­port his­to­ri­que, tout autant que le décor du nou­veau projet de Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize.

On retrouve donc tout natu­rel­le­ment dans l’espace du centre d’art, ça et là, des bar­ri­ca­des revi­si­tées, faites de bric et de broc - appa­rais­sant à la fois comme des objets d’incar­na­tion, des socles d’œuvres, ainsi que des sculp­tu­res. A l’image des bar­ri­ca­des du cor­don­nier Napoléon Gaillard qui les consi­dé­rait comme des œuvres à part entière. Il existe d’ailleurs des pho­to­gra­phies sur les­quel­les on le peut le voir, poser fiè­re­ment devant ses amon­cel­le­ments et reven­di­quer par la même le droit pour les arti­sans de signer leurs réa­li­sa­tions au même titre que les artis­tes.

Ce n’est pas un hasard non plus si William Morris, l’écrivain cité plus haut, également desi­gner tex­tile, archi­tecte, des­si­na­teur, pein­tre, impri­meur est aussi un des fon­da­teurs du mou­ve­ment Arts and Crafts (lit­té­ra­le­ment arts et arti­sa­nats), mili­tant pour la réconci­lia­tion des arts dits mineurs et des arts intel­lec­tuels. Cette absence de mar­quage est tou­jours mani­feste dans l’expo­si­tion de Lamarche-Ovize, où des assiet­tes pein­tes côtoient des sculp­tu­res, du mobi­lier des des­sins, selon un prin­cipe d’équivalence, d’inter­chan­gea­bi­lité qui élève l’objet uti­li­taire au rang de n’importe quelle pein­ture ou sculp­ture. Perdant son aura, il devient ainsi un élément de décor cons­ti­tué d’une mul­ti­tude de pièces parmi les­quel­les des œuvres d’autres artis­tes, invi­tés par le duo : Marion Auburtin, Jennifer Caubet, Matthieu Cossé, Ferenc Gróf, Bayrol Jimenez et The Drawer. Le décloi­son­ne­ment se couple ici, comme dans nombre de pro­jets de Lamarche-Ovize, de la cons­cience d’un inté­rêt col­lec­tif plutôt qu’indi­vi­duel. Les pièces des uns et des autres se fon­dent dans le pay­sage, pour­sui­vant ainsi le par­tage des savoir-faire à l’œuvre au sein même du duo d’artis­tes, à la fois céra­mis­tes, pein­tres, des­si­na­teurs, sculp­teurs et chi­neurs d’objets de seconde main en tout genre. Cette main sup­plé­men­taire, cette nou­velle strate, on le com­prend, n’est pas pour leur déplaire.

A Embrun, ils se sont rap­pro­chés de la res­sour­ce­rie qui col­lecte depuis deux années du mobi­lier, du maté­riel et de la vais­selle d’occa­sion, cons­ti­tuant ici la matière pre­mière de Nouvelles de nulle part, de la même façon fina­le­ment que les bar­ri­ca­des étaient cons­trui­tes avec ce que les com­mu­nards avaient sous la main. Des choses modes­tes - on y trou­vait par exem­ple un grand nombre de chaus­su­res - qui peu­vent être élevées, par un concours de cir­cons­tance, au rang de petits monu­ments. Les artis­tes en ont inven­to­riées, non sans humour, un cer­tain nombre dans une série de pein­tu­res inti­tu­lée Encyclopédie du pres­que rien.

Solenn Morel

[1Kristin Ross, L’imaginaire de la Commune, La Fabrique éditions, 2015


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