Apéro doc n°23 / Habiter l’espace
Jeudi 14 janvier 2016

Véronique Joumard ou La matière lumière
De Frédéric Ramade
7 mins, 2011
Production : L’Atelier A, Arte France Développement - ADAGP

De prime abord, aucun esbroufe, pas de dis­po­si­tif hyper com­plexe, tout est donné à voir : ali­men­ta­tion électrique, sys­tème d’accro­chage, aplats de cou­leur, etc... C’est là, qu’en bonne héri­tière de l’art mini­ma­liste et concep­tuel amé­ri­cain, Véronique Joumard « déclen­che » un dia­lo­gue intui­tif avec le spec­ta­teur et décu­ple son expé­rience. Une pein­ture se révèle ther­mo­sen­si­ble, des ran­gées d’ampou­les électriques accu­sent une sen­si­bi­lité au son des voix, des miroirs de cir­cu­la­tion auto­mo­bile s’agrè­gent ensem­ble pour géné­rer un sys­tème para­noïa­que. Simple mais expo­nen­tiels, les effets du tra­vail de Véronique Joumard déri­vent des sujets moteur de l’énergie, du flux et de la lumière.

Céleste Boursier-Mougenot ou Une musi­que portée par l’air
De Thomas Gillot
8 mins, 2014
Production : L’Atelier A, Arte France Développement - ADAGP
Musicien de for­ma­tion, Céleste Boursier-Mougenot explore la rela­tion entre le son et les ins­tal­la­tions poé­ti­ques qu’il met en œuvre. "Scanner", par exem­ple, se com­pose d’un ballon d’hélium auquel est arrimé un micro sans fil. Le tout évolue porté par le souf­fle d’un ven­ti­la­teur posé au sol dans un espace cerclé de huit haut-par­leurs. Les varia­tions sono­res et spa­tia­les de l’ins­tal­la­tion pro­dui­sent une musi­que aléa­toire qui, d’une cer­taine manière, défi­nit l’espace lui-même. Dans ses ins­tal­la­tions, dont le visi­teur fait partie inté­grante, l’artiste pro­pose sys­té­ma­ti­que­ment d’assis­ter à l’appa­ri­tion d’une forme sonore. Céleste Boursier-Mougenot retourne régu­liè­re­ment aux ins­tru­ments tra­di­tion­nels pour créer quel­que chose de dif­fé­rent : sa pièce "From Here to Ear" offre à une colo­nie d’oiseaux des gui­ta­res électriques, comme autant de per­choirs géné­rant un concert de rock alter­na­tif étrangement poé­ti­que.

Claude Lévêque ou L’hymne à la joie
De Frédéric Ramade
8 mins, 2011
Production : L’Atelier A, Arte France Développement - ADAGP
Sons sourds, chan­sons popu­lai­res, bains opti­ques colo­rés ou obs­cu­rité épaisse, mises en scène de l’enfer­me­ment et du chaos, espa­ces satu­rés ou dépouillés, Claude Lévêque aime mettre en condi­tion son spec­ta­teur en sol­li­ci­tant ses sens et ses sen­ti­ments à partir d’ambi­va­len­ces. Depuis ses pre­miè­res ins­tal­la­tions, l’artiste esquisse des his­toi­res sans les raconter, par bribes, par réfé­ren­ces, le plus sou­vent ciné­ma­to­gra­phi­ques, musi­ca­les ou lit­té­rai­res. Depuis pres­que trente ans, il a imposé ses ins­tal­la­tions sen­si­bles en enchaî­nant les pro­jets ins­ti­tu­tion­nels et inter­na­tio­naux (PS1 de New York, Mamco de Genève, Hamburger Banhof de Berlin, bien­nale de Lyon) tout en conti­nuant de répon­dre favo­ra­ble­ment à des invi­ta­tions plus modes­tes. En 2007, il a réa­lisé une com­mande publi­que sur un haut-four­neau lor­rain à Uckange puis a été choisi pour repré­sen­ter la France lors de la 53e Biennale de Venise en 2009 avec une ins­tal­la­tion sombre et mena­çante sur fond de sym­bo­li­que anar­chiste, Le grand soir.