Apéro doc n°11 / Photographie et autofiction
Jeudi 19 juin 2014

Photographie et aut­ofic­tion

Nan Goldin
1999, 13 mins
Réalisation : Jean-Pierre Krief

"Souvent qual­ifié à tort de scan­daleux ou provo­cant, son tra­vail pho­tographique, com­mencé au début des années 70, la situe au point le plus extrême de la pho­togra­phie mod­erne, celui où la prise de vue s’empare de l’exis­tence même du pho­tographe pour en explorer tous les ver­sants, sans lim­ites ni tabous. Ainsi, Nan Goldin a capté en images les aven­tures les plus intimes de sa propre vie, au coeur des tur­bu­lences de l’under­ground new-yorkais. Des images qui rela­tent ses amours, ses plaisirs, ses amis, trav­estis, homo­sex­uels ou trans­sex­uels, mais aussi sa soli­tude, sa dépen­dance à la drogue, son extrême fragilité et sa dif­fi­culté à sur­vivre."

Sophie Calle
1999, 13 mins
Réalisation : Jean-Pierre Krief

"Ses pho­togra­phies et ses comptes rendus écrits, emprun­tant le style descriptif du reportage ou de l’inven­taire, attes­tent la réalité des sit­u­a­tions qu’elle crée : femme de chambre dans un hôtel, strip-teaseuse dans une fête foraine, pour­suite d’un homme à Venise, etc. Souvent fondées sur des règles et des con­traintes, ses œuvres inter­ro­gent la limite poreuse entre sphère publique et sphère privée et le car­ac­tère inter­change­able des posi­tions du voyeur et de l’exhi­bi­tion­niste. Le thème de la dis­pari­tion de per­sonnes ou d’objets, dont l’exis­tence est avérée par quelques traces et dont l’absence est enreg­istrée par la pho­togra­phie, con­stitue également un thème de prédilec­tion de l’artiste. Elle se car­ac­térise par un esprit provo­ca­teur. Elle a été par exemple la première pho­tographe à présenter une expo­si­tion… dont elle n’avait pas pris elle-même une seule photo : elle avait demandé à une agence de détec­tives privés de la prendre en fila­ture et de la prendre en photo à son insu. Ce sont ces photos d’elle qu’elle exposa. Ses travaux sont aussi car­ac­térisés par la mise en scène de l’artiste elle-même. Sophie Calle utilise la plu­part du temps les récits d’his­toires qu’elle a vécues."