Apéro doc n°2 / Les grandes figures de l’art depuis les années 60
Jeudi 27 juin 2013

Le centre d’art contem­po­rain les Capucins et l’asso­cia­tion Action Média col­la­bo­rent à une pro­gram­ma­tion de docu­men­tai­res sur des artis­tes contem­po­rains : les apéros docs. Une fois par mois, ils pro­po­sent ainsi une pro­jec­tion d’un ou plu­sieurs films por­tant un regard sin­gu­lier sur des gran­des figu­res de l’art depuis les années soixante.

Au pro­gramme, deux films :


Intersection coni­que de Gordon Matta Clark

Réalisation Marc Petit
Durée : 11 mins

"Lorsque le réa­li­sa­teur ren­contre Gordon Matta-Clark en 1975 à la Biennale de Paris, ce der­nier cher­che un lieu entre les Halles et le futur centre Georges Pompidou pour une oeuvre en projet. Marc Petitjean lui indi­que un immeu­ble aban­donné que lui-même pho­to­gra­phie depuis plus d’un an. Constitué prin­ci­pa­le­ment du docu­ment vidéo réa­lisé alors, ce film est un témoi­gnage sur une oeuvre éphémère. Le projet de Gordon Matta-Clark consis­tait à décou­per le volume d’un cône au tra­vers de deux immeu­bles. Légèrement déformé vers le haut, ce cône devait s’orga­ni­ser autour d’un axe cen­tral for­mant un angle de 45° avec la rue. Semblable dans sa struc­ture à celui que prend toute lumière dont l’ori­gine est limi­tée, ce cône devait pro­po­ser un type de "son et lumière" par­ti­cu­lier, ouvert sur les ambian­ces natu­rel­les de la rue. En taillant peu à peu dans l’immeu­ble en ruine les contours de cette figure géo­mè­tri­que et pour "sortir des gra­vats une forme cor­recte qui cor­res­ponde à une idée", l’artiste s’est investi phy­si­que­ment pen­dant deux semai­nes. Pour Marc Petitjean, le contraste entre l’urgence de cette action et la longue période pen­dant laquelle il avait lui-même fré­quenté ce lieu des­tiné à une des­truc­tion immi­nente, cons­ti­tue une trame sen­si­ble où Gordon Matta-Clark repré­sente le "der­nier habi­tant, à la fois ful­gu­rant et inat­tendu, du 29 de la rue Beaubourg". Christine Rheys


Un virus dans la ville

Réalisation Cédric Venail
Durée : 80 mins

"Au début des années 90, l’artiste franco-israé­lien Absalon conçoit un projet de vie qui s’éloigne radi­ca­le­ment des aspi­ra­tions habi­tuel­les d’une "vie meilleure". Pour enga­ger son projet et le tenir, il se fabri­que six cel­lu­les à habi­ter, six peti­tes mai­sons indi­vi­duel­les des­ti­nées à de gran­des villes du monde : Paris, Zurich, New York, Tel-Aviv, Francfort...
Depuis qu’Absalon est mort, ses cel­lu­les se trou­vent dans des musées inter­na­tio­naux où elles ne témoi­gnent plus ni de leur raison d’être ni de leurs effets. En écoutant Absalon expo­ser son projet au cours d’un dia­po­rama en 1993, le film s’atta­che à pré­sen­ter ses mai­sons et leurs lieux d’implan­ta­tion. Mais que s’est-il passé depuis ? Que reste-t-il de son projet aujourd’hui ? Entre traces et pro­jec­tions, je suis parti à la recher­che de ce projet ina­chevé. J’ai trouvé "Un virus dans la ville"." Cédric Venail