Photo Eric Tabuchi
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La lumière bat le son
Fabrice Croux, Séverine Gorlier et Elodie Lecat

Exposition du 6 décembre 2014 au 4 jan­vier 2015


Fabrice Croux, Séverine Gorlier et Elodie Lecat sont les artistes invités pour cette deux­ième édition du Noël de l’Art, par­cours d’art con­tem­po­rain dans le centre-ville d’Embrun. À cette occa­sion, ils ont conçu un projet inti­tulé La lumière bat le son, qui se déploie dans cinq bou­tiques, fer­mées durant cette période hiver­nale.

14 juillet 2014, Fabrice Croux, Séverine Gorlier et Elodie Lecat sont à Pelvoux, dans le nord des Hautes-Alpes, pour une rési­dence de recherche autour de la céramique. La nuit vient de tomber et ils obser­vent de loin le feu d’arti­fice qui vient de com­mencer.
Seulement avec la dis­tance (le spec­tacle pyrotech­nique a lieu à plusieurs kilo­mètres), ils perçoivent en décalé la lumière et les déto­na­tions. « La lumière bat le son ! » s’excla­ment-ils, s’amu­sant de la man­i­fes­ta­tion réjouis­sante de ce phénomène bien connu.

Quelques mois plus tard, les guir­landes de Noël investis­sent pro­gres­sive­ment les rues des cen­tres-villes. L’expo­si­tion qui se pré­pare, vis­ible unique­ment à la nuit tombée, devra ainsi rivaliser avec nombre de déco­ra­tions. Après l’épreuve de vitesse, la lumière bat une nou­velle fois le son, c’est une évidence. On est loin des lumières douces et tamisées des cen­tres d’art, il en faudra beau­coup pour exister parmi ce voisi­nage, c’est même la première des con­di­tions. Peu importe, Fabrice Croux, Séverine Gorlier et Elodie Lecat appré­cient le défi que représen­tent les pro­jets con­textuels, et ne man­quent pas d’humour. Ils jouent le jeu. Au menu : de la lumière donc, des ani­ma­tions, des lapins, des robots, un trébuchet, un dinosaure… Seulement ils préfèrent, on peut s’en douter, l’ambiva­lence au premier degré. C’est ainsi qu’un dessin effet vit­rail (évidemment très séduisant) réalisé aux feu­tres Velleda à même le verre de la vit­rine est en partie gommé, révélant en négatif un nouvel espace, une car­togra­phie sub­jec­tive. L’effi­cacité déco­ra­tive du motif est mise à mal par la bru­talité de l’efface­ment. ça fait tâche, ça agite. On devine le temps contre la vitesse. Mais aussi le plein contre le vide. La sur­face contre la pro­fondeur. Surtout quand on sait que l’expo­si­tion est vis­ible unique­ment de l’extérieur, quasi­ment d’un seul point de vue, alors que les oeu­vres investis­sent une grande partie de l’espace des bou­tiques. Séverine Gorlier évoque à ce sujet les bassins dans les zoos, où l’on peut observer des ani­maux marins à travers une vitre. Une manière d’être à la fois dans et en-dehors de la scène, de lire l’espace en image. à l’instar de son instal­la­tion qui divise dans le sens hor­i­zontal une bou­tique en deux, révélant une sur­face limpide et les dessous plus tumultueux des dis­posi­tifs de présen­ta­tion. Ou encore d’une autre façon, des per­son­nages d’Elodie Lecat, des pho­togra­phies (prises dans un ate­lier) d’un ensemble d’objets et d’ani­maux en céramique présen­tées ver­ti­cale­ment au sol telles des fig­urines, ainsi que des gifs animés de Fabrice Croux. Les mises en scène, à la fois dérisoires, joyeuses et grotesques, s’amusent de ces effets de sur­face, invi­tant le pas­sant à un spec­tacle silen­cieux déjouant sys­té­ma­tique­ment sa propre mécanique.

Solenn Morel