Photo Paolo Codeluppi
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Parade du OUI et du NON & Cinéma en pièces détachées
Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi

Avec l’aimable participation de René García Atuq, Babi Badalov, Elisabetta Benassi, Alevtina Kakhidze, Julien Loustau et Sophie Nys

Exposition du 19 avril au 10 juin 2017
Nuit des musées, samedi 20 mai : ouver­ture excep­tion­nelle de 20h à 22h
Samedi 15 avril : Parade à 16h - Vernissage à 17h
Point de départ de la parade au jardin de l’Archevêché - Dress code : noir et blanc


Entretien entre Solenn Morel, direc­trice du centre d’art contem­po­rain Les Capucins, Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi


Solenn Morel. Parade du OUI et du NON & Cinéma en pièces déta­chées s’arti­cule autour de trois formes — une parade, une expo­si­tion et un film — et se nour­rit de réfé­ren­ces mul­ti­ples : la pein­ture murale de Lorenzetti, située à Sienne (1338–39), les écrits de l’his­to­rien Yves Cohen, la tra­di­tion du car­na­val au Moyen Âge, le cinéma de Pasolini et de la Nouvelle Vague, etc. Qu’est-ce qui a motivé cette recher­che à entrées mul­ti­ples ? Quel élément a été déclen­cheur ?

Paolo Codeluppi. C’est la ques­tion du poli­ti­que qui nous a inté­res­sés. Nous avons essayé de l’abor­der, de la tra­ver­ser par dif­fé­rents biais.

Kristina Solomoukha. La révo­lu­tion en Ukraine, fin 2013–début 2014 a sans doute été l’élément déclen­cheur. Originaire de Kiev, ces évènements m’ont par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée. J’ai res­senti la néces­sité de for­mu­ler ces ques­tions au sein de ma pra­ti­que artis­ti­que. Lors de l’un de mes séjours à Kiev, je suis tombée par hasard sur une confé­rence de l’his­to­rien fran­çais Yves Cohen, Nouvelle poli­ti­que des rues. Il décri­vait et ana­ly­sait des nou­vel­les formes de repré­sen­ta­tions démo­cra­ti­ques appa­rues en Ukraine, mais aussi dans de nom­breux autres pays, et plus par­ti­cu­liè­re­ment la notion d’hori­zon­ta­lité qui surgit à tra­vers les récen­tes révo­lu­tions et révol­tes par­tout dans le monde.

PC. Nous avons inter­viewé Yves Cohen, et avons cher­ché à donner une forme plas­ti­que à cet enre­gis­tre­ment.

SM. S’agit-il du film que vous pré­sen­tez à Embrun ?

PC. Oui. C’est en décou­vrant la pein­ture murale d’Ambrogio Lorenzetti au Palazzo Pubblico à Sienne que l’idée nous est venue de mettre en rela­tion cette repré­sen­ta­tion pic­tu­rale et la parole d’Yves Cohen — les mots et les images.

SM. L’image comme por­teuse d’un pro­gramme poli­ti­que ?

KS. C’est exac­te­ment cela qui nous a inté­ressé dans la pein­ture de Lorenzetti. À tra­vers des repré­sen­ta­tions allé­go­ri­ques, elle donne à voir une struc­ture selon laquelle s’orga­ni­se­rait le pou­voir. Et sur­tout le fait que ce pou­voir est bon, non pas parce qu’il est détenu par le prince ou par le gou­ver­ne­ment élu démo­cra­ti­que­ment, mais parce que ses effets béné­fi­ques sont per­cep­ti­bles dans la vie de chacun.

SM. L’idée du film pré­cède l’expo­si­tion ? Comment se sont-ils gref­fés ensem­ble ensuite ?

PC. Il y avait le film, mais l’expo­si­tion fina­le­ment y était dès le départ aussi. Car en tant que plas­ti­ciens, nous abor­dons le film aussi bien dans sa durée que dans sa forme dépliée dans l’espace.

SM. L’expo­si­tion englobe le film, en inté­grant cer­tains de ses éléments dans l’espace, incluant aussi la parade.

PC. Oui, l’expo­si­tion, telle qu’elle s’est cris­tal­li­sée à Embrun, est un pro­lon­ge­ment de la réflexion sur les sujets abor­dés au sein du film, dans l’espace des Capucins et dans la ville avec la parade. Certains éléments du film y sont pré­sents sous forme d’objets et d’images. Il y a des dra­peaux et les ban­de­ro­les uti­li­sées lors de la parade.

KS. Au départ, quand le film n’était pas encore ter­miné, on l’ima­gi­nait dans l’espace de l’expo­si­tion comme un ensem­ble de frag­ments connec­tés. Finalement il a pris une forme plus linéaire et auto­nome, celle d’une pro­jec­tion.

PC. L’expo­si­tion se trouve au croi­se­ment du film et de la parade, elle permet leur ren­contre.

SM. C’est la pre­mière fois que vous réa­li­sez une parade, mais l’idée vous trotte dans la tête depuis long­temps. Pourquoi Embrun ?

KS. L’échelle de la ville nous plaît, dans le sens où faire une parade à Embrun pou­vait réel­le­ment ras­sem­bler les gens, créer un évènement.

PC. On sol­li­cite dif­fé­rents acteurs de la popu­la­tion locale : la maison de retraite, la musi­que muni­ci­pale, les écoles. On s’appuie sur eux pour orga­ni­ser les dif­fé­ren­tes sec­tions de la parade.

SM. Avec pour seul mes­sage : le oui et le non ?

PC. C’est le titre de la parade en effet. Nous l’avons conçu comme une forme pro­gram­ma­ble, ou une for­mule mathé­ma­ti­que. Il y a le « oui » et le « non », le noir et le blanc, comme les X et les Y d’une oppo­si­tion dont le sujet n’est pas énoncé. Mais les gens sont là pour par­ta­ger cette oppo­si­tion ; le fait d’être dans la rue, d’occu­per l’espace commun ensem­ble permet d’ima­gi­ner le débat public.

KS. Notre projet emprunte à la mani­fes­ta­tion poli­ti­que, au car­na­val, au défilé mili­taire, à la pro­ces­sion reli­gieuse, le fait d’être là, ensem­ble, et de rendre son corps par­lant. Nous avons aussi pro­posé à d’autres artis­tes de réflé­chir avec nous à cette ques­tion, en les invi­tant à conce­voir des des­sins pour les dra­peaux et les ban­de­ro­les.

SM. Cela main­tient les choses dans une rela­tive abs­trac­tion, une forme très ouverte.

KS. D’une part, le fait que la parade soit une forme pro­gram­ma­ble et qu’elle puisse être réac­ti­vée nous inté­resse. D’autre part, nous l’ins­cri­vons dans le contexte de l’expo­si­tion qui donne des clés de lec­ture pré­ci­ses.

PC. Le but est de pren­dre l’idée que nous avons du poli­ti­que pour la démon­ter, la décons­truire, puis la recons­truire au sein de ces trois dis­po­si­tifs : film, expo­si­tion, parade. Et de faire ce que nous appe­lons du « cinéma en pièces déta­chées », une sorte de cata­lo­gue d’éléments qui nous permet de raconter des his­toi­res.


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Dossier de presse - Parade du OUI et du NON
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