Photographie : Marion Albert
Photographie : Marion Albert
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Photographie : Marion Albert
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Photographie : Marion Albert
Paysage et figures
Matthieu Cossé
Paysage et figurines - Du 30 août au 13 octobre

Exposition du 30 août au 13 octo­bre 2018
Vernissage jeudi 30 août 2018 de 16h à 20h

Horaires et jours d’ouver­ture : du jeudi au samedi, de 16h à 19h
et sur rdv 06 98 89 03 26

OÙ lieu d’expo­si­tion pour l’art actuel, Marseille
58 Rue Jean de Bernardy 13001 Marseille
www.mar­seilleex­pos.com





Entretien entre Matthieu Cossé et Solenn Morel, direc­trice du centre d’art contem­po­rain Les Capucins, Embrun


Mardi 28 août
Deuxième jour de mon­tage
Pause, alors que les 8 séri­gra­phies vien­nent d’arri­ver par cour­sier.

Matthieu Cossé - Je suis content du résul­tat. les séri­gra­phies tra­dui­sent vrai­ment bien les des­sins ori­gi­naux.

Solenn Morel - Elles sont tirées d’une série de des­sins d’humeur que tu pra­ti­ques quo­ti­dien­ne­ment ?

M.C - Oui, pour réa­li­ser un dessin, il faut sou­vent en faire beau­coup et jeter. C’est un moyen d’appro­fon­dir le jeu.

S.M - Quel jeu ?

M.C - Dessiner, pein­dre, c’est un jeu, très com­pli­qué faut dire parce que les règles sem­blent don­nées mais en fait rien n’est établi. Récemment j’ai vu les des­sins de Maria Lassnig que j’ai trou­vés magni­fi­ques. Ce sont des auto­por­traits déve­lop­pés sur des décen­nies. J’ai sur­tout appré­cié les œuvres de jeu­nesse mais les plus ancien­nes don­nent à voir les pre­miè­res. Il y a eu un vrai appro­fon­dis­se­ment du jeu.

S.M - Pour toi, ça se mani­feste com­ment ?

M.C - Il faut beau­coup regar­der et obser­ver. Se tenir à dis­tance. Pour être économe, il faut com­pren­dre com­ment les choses s’orga­ni­sent, com­ment elles se pla­cent les unes par rap­port aux autres. De cette manière, les des­sins sont de plus en plus précis.

S.M - Ils sont très gra­phi­ques, le tracé semble par­fois exis­ter pour lui-même, en dehors du reste.

M.C - Je m’amuse, je cher­che à me faire sur­pren­dre, en voyant appa­rai­tre une figure.

S.M - Un rond qui devient une bouche ou un œil.

M.C - Oui.

S.M - Pas de traits super­flus, juste des cou­leurs pri­mai­res.

M.C - Pour ces des­sins, c’était la règle du jeu. Les cou­leurs sont celles des mar­queurs que j’uti­lise.

S.M - Et pour le grand dessin qui fait face aux séri­gra­phies ?

M.C - Elles sont don­nées par le motif d’un kimono qui est le modèle. On m’avait com­mandé ce dessin pour la vitrine d’une gale­rie de kimo­nos de la marque japo­naise Chiso à Kyoto fabri­quant depuis le 16ème siècle. J’ai repris le motif Huit vues remar­qua­bles autour du lac Biwa, repré­sen­tant un par­cours sacré autour du lac Biwa, célè­bre au japon, et l’ai réin­ter­prété.

S.M - La com­mande, une des contrain­tes du jeu.

M.C - On fait les choses par conven­tion, qu’il s’agisse d’une com­mande, du format d’un papier, d’un espace d’expo­si­tion. Il s’agit ensuite de faire des allers-retours qui per­met­tent d’avan­cer entre les choses appli­quées et libres.

S.M - Comme des­si­ner en enle­vant.

M.C - La figure dans ce dessin appa­rait en effet en réserve. Ce qui me plaît dans cette expo­si­tion, c’est l’har­mo­nie entre les dif­fé­rents tracés.

S.M - En par­lant de Maria Lassnig, tu disais que tu aimais de plus en plus les des­sins de pein­tres. Qu’est-ce que ça change ?

M.C - C’est émouvant, comme un tra­vail sou­ter­rain. Je peux appré­cier l’art pure­ment gra­phi­que, comme la bande-des­si­née par exem­ple et en même temps, le dessin qui sous-tend une pein­ture, rend visi­ble la cons­truc­tion.

S.M - Ainsi que les règles du jeu. Cet arbi­traire qui fait tenir le dessin.

M.C - Francis Bacon, dont je ne me sens pas par­ti­cu­liè­re­ment proche, mais dont j’admire l’œuvre, a dit quel­que chose comme ça : « ce qui est inté­res­sant aujourd’hui c’est que l’art est devenu com­plè­te­ment un jeu et que ça va être fas­ci­nant puis­que les artis­tes vont devoir vrai­ment appro­fon­dir ce jeu ». Je trouve ça très juste et ça me donne envie d’avan­cer.