©Juan Manuel Abellán
©Juan Manuel Abellán
Laura Ben Hayoun et Clotilde Viannay

Depuis 2017, le centre d’art contem­­po­­rain reçoit deux pro­­gram­­mes de rési­­dence de recher­­che et d’expé­­ri­­men­­ta­­tion par an : un sur invi­­ta­­tion et un autre sur appel à projet.

En 2018, les artis­tes Laura Ben Hayoun et Clotilde Viannay sont invi­tées à effec­tuer leur rési­dence sur l’Embrunais au cours de l’été.

"Depuis 2017, Laura Ben Hayoun et moi-même visi­tons régu­liè­re­ment à Barcelonnette les ado­les­cent·e·s et le corps ensei­gnant du centre éducatif Jean-Escudier ; un refuge pour ces jeunes, situé dans la vallée de l’Ubaye, au cœur des Alpes. Il accueille, jusqu’à leur majo­rité, des enfants fran­çais et des mineurs non accom­pa­gné·e·s arri­vant des quatre coins du monde par les routes migra­toi­res. Nous y pour­sui­vons un tra­vail docu­men­taire qui prend des formes mul­ti­ples : fil­mées, lit­té­rai­res, des­si­nées et pho­to­gra­phi­ques.

En 2018, Solenn Morel et Les Capucins, le centre d’art contem­po­rain d’Embrun, nous ont permis de passer deux mois dans la région, grâce à la rési­dence de recher­ches et d’expé­ri­men­ta­tion. Nous alter­nions des temps de tra­vail intense au foyer de Barcelonnette et des temps d’écriture, au calme de l’Abbaye de Boscodon où nous séjour­nions. J’ai pu recueillir une qua­ran­taine de récits de jeunes (fran­çais·es et étrangers) et du per­son­nel du centre. L’essai docu­men­taire actuel­le­ment en écriture raconte les aven­tu­res d’enfants qui avan­cent (au sens imagé et lit­té­ral du terme, car beau­coup ont tra­versé des mil­liers de kilo­mè­tres de ter­ri­toire avant d’arri­ver à Barcelonnette, après des mois et par­fois des années sur les routes), dans une fuite en avant, pour par­ti­ci­per au monde. C’est aussi l’occa­sion de raconter les migra­tions et des moments de l’his­toire des pays d’ori­gine des enfants (en France, au Soudan, en Afghanistan, au Mali, en Guinée Conakry…) au regard de leur récit. Leurs paro­les gui­dent mes recher­ches dans une quête absurde pour eux·el­les comme pour moi de trou­ver un sens à leur Odyssée, à notre huma­nité et à cette his­toire col­lec­tive qui s’écrit. "
Clotilde Vianney