VENI, VENI, VENI
Performance d’Angélique Buisson
VENI, VENI, VENI - Samedi 15 décembre 18:00

Samedi 15 décem­bre 2018 à 18h
Centre d’art contem­po­rain Les Capucins, Embrun



"J’ai vu, un jour, un oiseau immo­bile dans le ciel. C’était un petit rapace. Son corps, à mieux y regar­der, esquis­sait bien quel­ques gestes infi­mes : juste ce qu’il fal­lait pour demeu­rer dans le ciel en un point aussi précis qu’intan­gi­ble. Sans doute était-ce le sitio conve­na­ble pour bien guet­ter sa proie. Mais il lui avait fallu, pour cela même, renon­cer à voler vers un but, ne sur­tout pas fendre l’air, tout annu­ler pour un temps indé­fini. C’est parce qu’il s’était placé contre le vent – parce que le milieu, l’air, était lui-même en mou­ve­ment – que le corps de l’oiseau pou­vait ainsi jouer à sus­pen­dre l’ordre normal des choses et à déployer cette immo­bi­lité de funam­bule, cette immo­bi­lité vir­tuose. Voilà exac­te­ment, me suis-je dit alors, ce que c’est que danser : faire de son corps une forme déduite, fût-elle immo­bile, de forces mul­ti­ples" Le dan­seur des soli­tu­des, Georges Didi-Huberman



Angélique Buisson est en rési­dence de recher­che et d’expé­ri­men­ta­tion jusqu’à fin décem­bre, au centre d’art contem­po­rain Les Capucins, à Embrun.

Durant deux mois, elle a consa­cré son étude à la com­mu­ni­ca­tion entre homme et animal. À tra­vers ses ren­contres avec des ber­gers, des guides de mon­ta­gne, des orni­tho­lo­gues, elle a appré­hendé la danse, le lan­gage sifflé, ou encore le chant comme ébauches de lan­ga­ges inters­pé­ci­fi­ques. Pour sa per­for­mance, qui res­ti­tue sa recher­che, elle ima­gine une com­mu­nauté hybride homme/animal qui réu­ni­rait un berger dan­seur étoile de Vénus, un chan­teur d’oiseaux, une fon­taine pétri­fiée, une sculp­ture en bloc de sel à lécher, un âne et un ruban noir.

Avec la par­ti­ci­pa­tion de Michel Brady