Apéro Doc n°56 / Le monstre dans la forêt
Jeudi 14 novembre 2019

Le mons­tre dans la forêt
Réalisation : Anne Julien, Louise Faure

"C’est l’his­toire d’une équipe de sculp­teurs fous" disait Jean Tinguely à propos du Cyclop réa­lisé à Milly-la-Forêt, sculp­ture géante, hybride, en forme de tête, dotée de déli­rants cir­cuits pour boules métal­li­ques, d’innom­bra­bles roues, de pièces à explo­rer et recou­verte de miroirs. Les textes de Niki de Saint-Phalle et Bernard Luginbühl, appuyés d’inter­views et d’archi­ves mon­trant les artis­tes au tra­vail, tra­cent la chro­no­lo­gie du projet.

Avant de deve­nir un musée, inau­guré en 1994 par le minis­tère de la Culture, le monu­men­tal Cyclop a d’abord été "un rêve de fer­raille" ima­giné par Jean Tinguely à la fin des années 1960. Au début, sur le papier, c’était "un mons­tre enfoncé dans le sol jusqu’à la tête". Le sculp­teur fit appel à d’autres artis­tes pour sa réa­li­sa­tion et l’on put ainsi voir, dans les bois de Milly-la-Forêt, une joyeuse bande manier, souder et assem­bler des tonnes de fer­raille sur nombre d’échafaudages, esca­liers et plates-formes... Malgré la volonté de Tinguely "de concré­ti­ser très vite", La Tête, ina­che­vée, est lais­sée à l’aban­don, après des années de tra­vail. En 1987, l’Etat l’accepta en dona­tion et l’aven­ture recom­mença alors, jusqu’à la mort de l’artiste en 1991. Niki de Saint-Phalle, dési­rant péren­ni­ser l’œuvre de son com­pa­gnon, eut l’idée d’y ins­tal­ler les tra­vaux des artis­tes invi­tés par Tinguely (parmi les­quels Soto, Spoerri, Raynaud, Luginbühl, Rivers, Aeppli...).

Christine Rheys