© Marc-Antoine Serra
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D’ici la vie ailleurs - Hors-les-murs, Marseille
Io Burgard et Yoan Sorin

Exposition du 29 août au 12 sep­tem­bre 2020.
Sur rendez-vous jusqu’au 20 sep­tem­bre 2020.

Ouverture de l’expo­si­tion : samedi 29 août 2020 de 16h à 19h à OÙ lieu pour l’art actuel, 58 rue Jean de Bernardy et à 12900m², 26 rue d’Isoard, Marseille

En par­te­na­riat avec OÙ lieu d’expo­si­tion pour l’art actuel

Cette expo­si­tion fait partie de la pro­gram­ma­tion de Manifesta 13 Les Parallèles du Sud.


Milan Kundera écrit en 1973 La vie est ailleurs, nar­rant l’exis­tence pathé­ti­que d’un jeune poète tiraillé entre ses aspi­ra­tions lyri­ques, aux­quel­les le titre du roman fait réfé­rence, et son désir irré­pres­si­ble de domi­ner les événements et les autres. Les expo­si­tions D’ailleurs, la vie ici et D’ici la vie ailleurs émettent, au contraire, l’hypo­thèse qu’ici peut être un ailleurs pos­si­ble. Qu’ici tout au moins peut s’accor­der avec l’idée de l’ailleurs, qu’ils ne sont pas inconci­lia­bles. L’art, jus­te­ment, n’est-il pas cette faculté à impri­mer de l’ailleurs sur l’ici, à donner de l’air au réel ? Le dépay­se­ment peut com­men­cer là, main­te­nant.

Les expo­si­tions D’ailleurs, la vie ici et D’ici la vie ailleurs cons­ti­tuent les deux faces d’une même médaille.
D’ailleurs, la vie ici se déploie à Embrun, au centre d’art contem­po­rain Les Capucins et D’ici la vie ailleurs à Marseille, à OÙ lieu d’expo­si­tion pour l’art actuel et chez les com­mer­çants et ate­liers voi­sins dis­po­sant d’un local sur rue. Embrun et Marseille, l’une située à la mon­ta­gne en zone rurale, l’autre une vaste ville en bord de mer, sont deux cités his­to­ri­que­ment terres d’accueil. Cette hos­pi­ta­lité, plus ou moins assu­mée, allait animer ce projet qui com­men­ce­rait par ren­contrer l’autre, celui qui vient d’ailleurs mais aussi celui qui habite ici.

À Marseille, les artis­tes Io Burgard et Yoan Sorin ont ima­giné une expo­si­tion à l’échelle d’un quar­tier, rue Jean de Bernardy et rue d’Isoard. Dès nos pre­miers échanges, il parais­sait évident que D’ici la vie ailleurs devrait débor­der du cadre d’un lieu dédié à l’art, et concer­ner plus direc­te­ment les gens qui font la vie ici - com­mer­çants, arti­sans et mem­bres d’asso­cia­tions cultu­rel­les - en ima­gi­nant des œuvres avec eux, pour leurs lieux res­pec­tifs.

Les pièces se fon­dent dans le décor de leurs hôtes : boites à pizza déli­vrées à la piz­ze­ria le 21, réci­pients en verre et en terre au Bon Pot, vête­ments peints à la fri­pe­rie 123 Fripe, tickets à l’ate­lier de retou­che Albert Retouche, des­sins pour tatoua­ges chez Petit Scarabée, porte-bri­quets à l’épicerie Le Petit Pré ou encore hor­loge chez R et R
créa­tion…. Autant de pièces des­ti­nées à être dépla­cées, por­tées, échangées, oubliées. D’ici la vie ailleurs entend ainsi s’établir dans les plis du réel, là où par­fois l’ici et l’ailleurs se mélan­gent sans osten­ta­tion, que ça soit dans une poche de pan­ta­lon, au fond d’une armoire, dans la boite à gants, ou sur une table de salle à manger.

Sous cou­vert d’une fic­tion, Io Burgard et Yoan Sorin ont créé une agence de voyage au cœur du par­cours, à la gale­rie OÙ : DILVA, l’acro­nyme de D’ici la vie ailleurs, spé­cia­li­sée dans les voya­ges d’ultra proxi­mité. Un peu plus loin, dans l’espace de 12900m², une annexe accueille les voya­geurs dési­reux de faire une pause. Le cadre incite à la rêve­rie. Autour d’un mobi­lier sobre et élégant, en plâtre et bambou, des pièces réso­lu­ment déco­ra­ti­ves arbo­rent des cou­leurs cha­toyan­tes. Une col­lec­tion d’objets sou­ve­nirs, ser­viet­tes de toi­lette, lunet­tes de soleil et autres stylos, à la dis­po­si­tion des visi­teurs, com­plète le cha­leu­reux décor.

Durant ces quel­ques semai­nes d’ouver­ture, Io Burgard et Yoan Sorin, en insé­rant de nou­veaux objets dans la vie des voya­geurs de la rue Jean de Bernardy et de la rue d’Isoard, aspi­rent à modi­fier imper­cep­ti­ble­ment leur tra­jec­toire, comme rajou­ter une seconde à la somme de toutes les heures néces­sai­res à la terre pour tour­ner sur elle même. C’est cet écart aussi mince qu’extra­or­di­naire que les artis­tes creu­sent iné­pui­sa­ble­ment afin de décol­ler l’ici des pesan­teurs du réel.

Solenn Morel

Merci à tous les par­te­nai­res :
OÙ lieu d’expo­si­tion pour l’art actuel, 58 rue Jean de Bernardy - Épicerie Le petit pré, 119 rue Jean de Bernardy - Albert Retouche, 54 rue Jean de Bernardy - R et R créa­tion, 17 rue d’Isoard - 123 Fripe, 19 rue d’Isoard - Pizzeria le 21, 21 rue d’Isoard – 12900m², 26 rue d’Isoard - Le bon pot, 26 rue d’Isoard.