Stephen Loye

Dans le cadre d’une rési­­dence d’une semaine au col­lège Les Ecrins d’Embrun, nous avons reçu l’artiste Stephen Loye.

Après une pré­sen­ta­tion de son tra­vail de vidéaste, Stephen Loye a conduit les élèves au lac de Serre-Ponçon, décor de leur recher­che. Il les a invité à décrire un sou­ve­nir réel ou ima­gi­naire que ce pay­sage peut faire surgir, là même où une ville et toute une his­toire ont été englou­ties. L’occa­sion pour l’artiste de reve­nir briè­ve­ment sur la manière dont se cons­truit un pay­sage.

Il les a invité ensuite à mettre en forme ces sou­ve­nirs à tra­vers des des­sins mais aussi des volu­mes qui ont été incrus­tés dans le film tourné sur fond vert. Une façon d’inter­ro­ger les élèves sur le statut des images numé­ri­ques, leur cir­cu­la­tion et la façon dont on peut les mani­pu­ler. Le réel est ainsi sou­vent une fabri­ca­tion de l’ima­gi­naire.

Stephen Loye a réa­lisé plu­sieurs films et vidéos où la ques­tion poli­ti­que/sociale est indis­so­cia­ble de celle du ter­ri­toire et de sa saisie poé­ti­que : Golem (2014) son film d’étude, est une reprise de la célè­bre légende pra­goise, tour­née avec des acteurs ama­teurs dans les Alpes de Haute-Provence ; Je suis sur terre (2019) suit le poète Charles Pennequin dans sa tour­née en France et en Russie ; Le ventre de la mon­ta­gne (2020) docu­mente le crash d’un avion de la Germanwings dans les Alpes en s’inté­res­sant aux images de l’événement pro­dui­tes par les médias et à l’ambiance sonore qu’il a sus­cité — le film est aussi une enquête faite avec l’anthro­po­lo­gue P. Romieu.