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Avec Marion Auburtin, Jennifer Caubet,
Matthieu Cossé, Ferenc Gróf, Bayrol Jimenez et The Drawer.

En collaboration avec le SMICTOM de l’Embrunais Savinois (Ressourcerie de Pralong)
 
 
 
 
Vernissage le jeudi 14 avril 2016 à 18h
 
 
 
Exposition du 15 avril au 11 juin 2016
 
 
 
 
Alors que le narrateur du roman futuriste de William Morris, Nouvelles de nulle part ou l’ère du repos, arpente une ville de Londres méconnaissable, il découvre Trafalgar Square, dépossédée de la sculpture de Nelson, arborant en lieu et place un florissant verger d’abricotiers. L’auteur, l’un des plus importants soutiens britanniques de la Commune de Paris rend ainsi hommage, à travers ce geste radical, au fameux épisode de la démolition de la colonne Vendôme en 1871. Cette séquence révolutionnaire mais surtout son influence dans le domaine des arts, l’imaginaire, pour reprendre le terme de Kristin Ross 1, qu’elle va véhiculer en Europe à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, constitue le support historique, tout autant que le décor du nouveau projet de Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize.

On retrouve donc tout naturellement dans l’espace du centre d’art, ça et là, des barricades revisitées, faites de bric et de broc - apparaissant à la fois comme des objets d’incarnation, des socles d’oeuvres, ainsi que des sculptures. A l’image des barricades du cordonnier Napoléon Gaillard qui les considérait comme des oeuvres à part entière. Il existe d’ailleurs des photographies sur lesquelles on le peut le voir, poser fièrement devant ses amoncellements et revendiquer par la même le droit pour les artisans de signer leurs réalisations au même titre que les artistes.

Ce n’est pas un hasard non plus si William Morris, l’écrivain cité plus haut, également designer textile, architecte, dessinateur, peintre, imprimeur est aussi un des fondateurs du mouvement Arts and Crafts (littéralement arts et artisanats), militant pour la réconciliation des arts dits mineurs et des arts intellectuels. Cette absence de marquage est toujours manifeste dans l’exposition de Lamarche-Ovize, où des assiettes peintes côtoient des sculptures, du mobilier des dessins, selon un principe d’équivalence, d’interchangeabilité qui élève l’objet utilitaire au rang de n’importe quelle peinture ou sculpture. Perdant son aura, il devient ainsi un élément de décor constitué d’une multitude de pièces parmi lesquelles des oeuvres d’autres artistes, invités par le duo : Marion Auburtin, Jennifer Caubet, Matthieu Cossé, Ferenc Gróf, Bayrol Jimenez et The Drawer. Le décloisonnement se couple ici, comme dans nombre de projets de Lamarche-Ovize, de la conscience d’un intérêt collectif plutôt qu’individuel. Les pièces des uns et des autres se fondent dans le paysage, poursuivant ainsi le partage des savoir-faire à l’oeuvre au sein même du duo d’artistes, à la fois céramistes, peintres, dessinateurs, sculpteurs et chineurs d’objets de seconde main en tout genre. Cette main supplémentaire, cette nouvelle strate, on le comprend, n’est pas pour leur déplaire.

A Embrun, ils se sont rapprochés de la ressourcerie qui collecte depuis deux années du mobilier, du matériel et de la vaisselle d’occasion, constituant ici la matière première de Nouvelles de nulle part, de la même façon finalement que les barricades étaient construites avec ce que les communards avaient sous la main. Des choses modestes - on y trouvait par exemple un grand nombre de chaussures - qui peuvent être élevées, par un concours de circonstance, au rang de petits monuments. Les artistes en ont inventoriées, non sans humour, un certain nombre dans une série de peintures intitulée Encyclopédie du presque rien.

Solenn Morel
 
 
 
 
   
 
1 Kristin Ross, L’imaginaire de la Commune, La Fabrique
éditions, 2015
 
 
 
 
Ouvert du mercredi au samedi de 15h à 18h - Fermé les jours fériés
Ouverture exceptionnelle à l'occasion de la Nuit des Musées samedi 21 mai de 20h à 22h
 
 
   
 
 
 
Le Centre d’art contemporain Les Capucins reçoit le soutien de la Ville d'Embrun, de la Région Provence-Alpes Côte d'Azur, du Conseil Départemental des Hautes-Alpes, de la Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes Côte d'Azur - Ministère de la Culture et de la Communication.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
With Marion Auburtin, Jennifer Caubet,
Matthieu Cossé, Ferenc Gróf, Bayrol Jimenez and The Drawer.

In collaboration with the SMICTOM de l’Embrunais Savinois (Pralong Ressourcerie)
 
 
 
 
Opening Thursday 14 April 2016 at 18:00
 
 
 
Exhibition from 15 April to 11 June 2016
 
 
 
 
While the narrator of William Morris’ futurist novel News From Nowhere or An Epoch of Rest, walks across an unrecognizable London, he discovers Trafalgar Square stripped of the sculpture of Nelson, displaying in its place a flowering orchard of apricot trees. Through this radical gesture, the author, who was one of the most important British supporters of the Paris Commune, thus pays homage to the destruction of the Vendôme Column in 1871. This revolutionary sequence, but most importantly its influence in the field of art, the imaginary, to use Kristin Ross’ term 1 , that is conveyed in late nineteenth and early twentieth century Europe, consists of the historical support, as well as the décor of the new project by Florentine and Alexandre Lamarche-Ovize.

Naturally then, we find here and there in the exhibition space of the art center reimagined barricades made of bric-a-brac – appearing at once like embodying objects, like pedestals for displaying works, or like sculptures. Modeled upon the barricades built by Napoléon Gaillard 2, who considered them as works of art in their own right. There exist, by the way, photographs in which he can be seen posing proudly in front of his heaps and in so doing proclaiming the right of artisans to sign their creations in the same way that artists do.

Nor is it an accident if William Morris, the writer referenced above, was also a textile designer, architect, draughtsman, painter, printer and one of the founders of the Arts and Crafts movement, seeking the reconciliation between the so-called minor arts and the fine or cerebral arts. This lack of demarcation is also visible in the Lamarche-Ovize’s exhibition, where painted dishes rub shoulders with sculptures, furniture and drawings, according to a principle of equivalence and interchangeability that elevates utilitarian object to the same level as any painting or sculpture. Losing its aura, the object also thus becomes an element of the décor consisting of a multitude of pieces, including those of other artists invited by the duo: Marion Auburtin, Jennifer Caubet, Matthieu Cossé, Ferenc Gróf, Bayrol Jimenez and The Drawer. Here decompartmentalization is linked, as in many of Lamarche-Ovize’s projects, to a consciousness of collective rather than individual interest. The works of one and another artist melt into the background, contributing in this way to the sharing of know-how at work in the duo’s project, who are at once ceramicists, painters, draughtsmen, sculptors and second-hand hunters. We understand that they enjoy this contribution of others, this additional level.

In Embrun, they approached the donation center (Ressourcerie) that for two years has been collecting used furniture and tableware, which make up the raw material of News from Nowhere, in the same way after all that the barricades were raised with what Communards had on-hand. Humble things – many shoes were used for example – that can be elevated, through a combination of factors, to the status of small monuments. The artists have inventoried, not without humor, a certain number of them in as series of paintings entitled Encyclopédie du presque rien (Encyclopedia of Almost Nothing).


Solenn Morel
(Translation : David Malek)
 
 
 
 
   
 
1 Kristin Ross, L’imaginaire de la Commune, La Fabrique éditions, 2015
2 Napoléon Gaillard was a shoemaker who participated in the Commune. He oversaw the erection of barricades across Paris.[TN]
 
 
 
 
Open wednesday - friday, 3 - 6 pm / Close for public holidays
Visits by appointments for groups
Exceptional opening on saturday 21st May, 8 - 10 pm
 
 
   
 
 
 
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